Actualités sur
L’Infection Urinaire chez l’Enfant
إلتهابات المسالك البولية عند الأطفال
Quoi de neuf en 2025 sur ?
L’Infection Urinaire chez l’enfant
Les recommandations actuelles mettent en avant une approche « moins c’est plus », en se concentrant sur un diagnostic plus rapide grâce à la bandelette urinaire, un traitement antibiotique plus court et mieux ciblé, un suivi clinique sans examens biologiques ou d’imagerie inutiles en cas d’évolution favorable.

Article rédigé par
Dr Sersoub Nasreddine

Est-ce que les
Infections Urinaires
Sont fréquentes ?

L’infection urinaire chez l’enfant est une affection fréquente qui nécessite une prise en charge rapide pour éviter des complications, notamment au niveau des reins (pyélonéphrite aigue).
Il est essentiel de comprendre que l’infection des Voies Urinaires (IVU) peut être une simple cystite (infection de la vessie, souvent bénigne) ou une pyélonéphrite aigue (infection des reins, potentiellement grave).
En cas de fièvre, on retrouve une infection urinaire chez 7,5 % des filles de moins de 3 mois, 20 % des garçons non circoncis, et 2,4 % des garçons circoncis.
Au-delà de 1 an, l’infection urinaire touche plus souvent les filles que les garçons, avec un pic de fréquence vers 2 à 3 ans.
Il s’agit alors principalement d’infections urinaires basses.




Quels sont
Les symptomes
Pour les Cystites ?



En cas d’infection urinaire basse ou cystite, la symptomatologie clinique chez le grand enfant se résume à des signes vésicaux comme une pollakiurie, brûlures mictionnelles, douleurs hypogastriques, réapparition d’accidents de propreté (de jour ou de nuit) et parfois une hématurie.
La dysurie, voire la rétention urinaire, doivent faire rechercher une anomalie sur le bas appareil urinaire. Cliniquement, il n’y a pas de fièvre, les fosses lombaires sont souples et indolores.

Chez le nourrisson et le jeune enfant, le diagnostic de cystite isolée est très difficile car les signes sont souvent non spécifiques et peuvent masquer une pyélonéphrite, comme la fièvre (peut-être le seul signe, mais avec un risque de pyélonéphrite élevé), une irritabilité, des pleurs lors de la miction, des urines malodorantes, ou des troubles digestifs tels que des vomissements ou diarrhée.

Toute fièvre chez un nourrisson ou un jeune enfant avec suspicion d’IVU doit être considérée comme une pyélonéphrite, jusqu’à preuve du contraire, et nécessite une évaluation rapide.
Une place à part est réservée à la bactériurie asymptomatique, elle se caractérise par l’absence de tout signe clinique. Il s’agit d’une situation fréquente qui survient chez 1 à 3 % des nourrissons et enfants d’âge préscolaire et chez 1 % des enfants plus âgés.

Sur le plan
Biologique
des Cystites
En cas de cystite simple, les signes inflammatoires sanguins sont habituellement normaux ou légèrement élevés, car l’infection se situe à la vessie.
Dans la Numération Formule Sanguine (NFS), il est courant que le nombre de globules blancs (leucocytes) soit normal.
Les marqueurs de l’inflammation, tels que la Protéine C Réactive (CRP) et la Vitesse de Sédimentation (VS), sont normaux.
Un taux élevé de CRP (> 20 mg/L ou > 40 mg/L selon les références et l’âge) est un argument majeur en faveur d’une pyélonéphrite aiguë, nécessitant une prise en charge plus rigoureuse.


Comment se
manifeste la
Pyélonéphrite Aiguë?
L’association d’une fièvre élevée à 39 à 40 ◦C, de frissons, de sueurs, d’une altération de l’état général, de douleurs abdominales ou lombaires, est évocatrice de pyélonéphrite aiguë.
- L’infection urinaire du nouveau-né a des caractéristiques particulières :
- un tableau d’infection néonatale sévère.
- Une fièvre inconstante.
- Accompagnée parfois par une anorexie.
- Une mauvaise prise pondérale.
- Elle peut se manifester aussi par un ictère.
- l’ECBU doit être systématique en cas d’ictère pathologique d’étiologie inconnue.



Sur le plan
Biologique
des Pyélonéphrites
Une élévation du nombre de globules blancs, en particulier de neutrophiles, est un signe classique d’infection rénale.
La CRP élevée joue un rôle majeur dans le marquage biologique de la différenciation entre une pyélonéphrite (PNA) et une cystite (où la CRP est normale ou peu élevée).
Le dosage de la procalcitonine (PCT) a été prouvé comme utile pour diagnostiquer les PNA; son taux est significativement plus élevé en cas d’infection urinaire haute qu’en cas d’infection urinaire basse.
Les résultats positifs aux hémocultures lors d’un sepsis ou chez un nourrisson de moins de 3 mois indiquent une bactériémie (passage de la bactérie dans le sang), ce qui est un signe de gravité justifiant une prise en charge plus stricte.


La démarche
Diagnostique devant
Une infection urinaire
Pour orienter le diagnostic, il est essentiel de faire un examen de la Bandelette Urinaire (BU) en cas de suspicion d’infection urinaire chez l’enfant.
On recherche la présence de :
Nitrites : Leur présence est très spécifique d’une bactériurie par des bactéries Gram (-) (entérobactéries comme E. coli).
Leucocytes (Leucocyte Estérase) : Leur présence indique une inflammation ou une infection (leucocyturie), mais pas forcément au niveau urinaire.

L’absence simultanée de leucocytes et de nitrites rend le diagnostic d’infection urinaire peu probable avec une valeur prédictive négative (VPN > 95%), ou il est nécessaire de chercher un autre diagnostic.
La fiabilité de la bandelette urinaire est moins bonne chez les nourrissons de moins de 3 mois en raison de la fréquence accrue des mictions, de la faible concentration en nitrites dans les urines et de l’absence éventuelle de leucocyturie.

Examen Cytobactériologique des Urines (ECBU) est l’examen de référence pour confirmer le diagnostic, identifier la bactérie en cause et déterminer sa sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme).
Il doit être systématique si la bandelette urinaire est positive, ou s’il existe une forte suspicion d’infection urinaire, mais ne doit pas retarder la mise en route du traitement, surtout s’il s’agit d’une pyélonéphrite probable.
Les parents posent souvent ces questions.
Est-ce que l’échographie rénale est indispensable pour diagnostiquer une infection urinaire ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir une imagerie pour diagnostiquer une pyélonéphrite aiguë, mais elle peut être bénéfique dans certains cas difficiles.
L’échographie peut révéler une altération du parenchyme, en particulier une hyperéchogénicité.
Les zones hypoéchogènes sont moins fréquentes et peuvent préfigurer la formation d’un abcès.
Dans un certain cas trompeur, l’échographie d’une pyélonéphrite aiguë peut faire évoquer une masse intrarénale.
L’échographie rénale est particulièrement utile pour repérer une malformation des voies urinaires sous-jacentes, ce qui augmente le risque d’infection urinaire.
Il est préférable de débuter les explorations des malformations rénales par une échographie rénale, à distance de l’épisode infectieux.



Comment on
Traite les infections
Urinaires basses ?
Il s‘agit d‘une antibiothérapie orale qui dure de 3 à 5 jours, un traitement court est aussi efficace qu’un traitement long.
On peut utiliser l’amoxicilline-acide clavulanique ou le cotrimoxazole en première intention puis adapter secondairement à l’antibiogramme.
Il faut éviter les C3G afin de diminuer les risques d’apparition de résistance à ces antibiotiques.
On utilisera un traitement injectable uniquement en cas de résistance aux antibiotiques oraux.
La prise en charge
des Pyélonéphrites
est une Urgence !!!

Dès que le diagnostic est clair, le traitement antibiotique doit être commencé immédiatement, avant de connaître le germe et l’antibiogramme.
Le choix initial de l’antibiothérapie est guidé par la connaissance du profil de résistance des germes urinaires le plus souvent rencontré localement.


Le traitement est guidé par l’examen bactériologique direct des urines et le résultat de l’antibiogramme.
L’objectif du traitement des Pyélonéphrites aiguës est de stériliser le parenchyme rénal pour prévenir les cicatrices rénales permanentes.

Quel que soit le traitement initial, et a fortiori s’il s’agit d’un traitement oral, il faut récupérer le plus rapidement possible le résultat de l’antibiogramme afin d’adapter le traitement au plus tard dans les 36–48 h en cas de souche résistante.

Pourquoi investiguer les
Infections Urinaires
Chez l’enfant ?

L’exploration dépend de divers facteurs, mais une simple cystite chez un grand enfant ne requiert pas une exploration approfondie, sauf dans des situations particulières telles que :
Une constipation, des infections urinaires récurrentes, des fuites urinaires, des lithiases urinaires, etc…
Chez les nourrissons et les petits enfants, l’infection urinaire, en particulier la pyélonéphrite, est souvent liée à des anomalies sous-jacentes des voies urinaires.
Le risque principal est l’atteinte rénale permanente (cicatrices rénales).
L’exploration vise à identifier des facteurs de risque et des anomalies de l’appareil urinaire :
Les anomalies congénitales des reins et des voies urinaires (CAKUT), notamment le Reflux Vésico-Urétéral (RVU) qui représente une cause très fréquente des infections urinaires.
Les troubles fonctionnels peuvent altérer la miction et provoquer des infections urinaires, telles que la constipation, l’énurésie, les fuites urinaires quotidiennes, une vessie instable ou même une vessie neurogène.
L’infection urinaire peut être causée par des facteurs d’hygiène et de comportement tels qu’une mauvaise hygiène périnéale (les filles se lavent de l’arrière vers l’avant) ou une rétention excessive d’urine.


Les Points Clés
- L’infection urinaire chez l’enfant est une affection fréquente qui nécessite un diagnostic et une prise en charge rapide.
- Le diagnostic doit être rapide et ciblé de l’infection urinaire grâce à l’utilisation de la bandelette urinaire (BU).
- La pyélonéphrite est une urgence dont l’objectif est de prévenir les cicatrices rénales permanentes.
- L’ECBU est indispensable pour confirmer, identifier la bactérie et faire un antibiogramme, mais ne doit pas retarder le début du traitement de la PNA.
- Le traitement est probabiliste mais ciblé au début, puis adapté secondairement selon les résultats de l’antibiogramme.
- L’exploration vise à identifier des facteurs de risque et des anomalies de l’appareil urinaire.
- Le Reflux Vésico-Urétéral (RVU) représente une cause très fréquente des infections urinaires chez l’enfant.
Bibliographies et Références:
- ESPID / ESPGHAN Clinical Practice Guidelines: Urinary Tract Infection in Children
- American Academy of Pediatrics (AAP) – UTI Diagnosis and Management Guideline
- National Institute for Health and Care Excellence (NICE) – Urinary Tract Infection in Under 16s
- Traitements des infections urinaires de l’enfant mise a jour 2024 | Journal de pédiatrie et de puériculture 37 (2024) 150—157
- Treatment of urinary tract infections in children update of 2023 | Infectious Diseases Now 53 (2023)
- Prise en charge des infections urinaires de l’enfant. Recommandations du groupe de pathologie infectieuse pédiatrique de la Société française de pédiatrie 2015
- Infections urinaires et reflux vésico-urétéral de l’enfant | EMC – Traité de Médecine Akos 2017
- Recommandations Pratiques dans les Infections Urinaires de l’enfant | SAP 2020
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